C'était un soir sombre et pluvieux d'octobre, comme on n'en a pas connu depuis presque un an. La pizzeria albanaise affichait complet et je me préparais à me rabattre sur un fast-food quelconque, ou peut-être un de ces restaurants exotiques qui pullulent autour de la Porte de Namur.
« Dans les restaurants africains, faut compter heures d'attente au minimum » m'avait rappelé Milady. Ce serait donc un Quick, à moins de s'écarter un peu vers le parvis de Saint-Boniface où je ne manquerais pas de tomber sur de vieilles connaissances que je n'aurais pas revues depuis l'école primaire.
Le tram se faisait attendre, et ma soeur commençait à se plaindre du froid. Protégeant du revers de la main l'écran de mon déjà obsolète smartphone finlandais contre la pluie qui redoublait en bourrasques incessantes, je réussis enfin à joindre le serveur de la banlieue de Roubaix qui héberge mon client de micromessagerie. Comme je le soupçonnais, l'influent blogueur que je savais habiter le quartier avait laissé un message indiquant à son cercle de connaissances qu'il entamait une fois de plus la soirée dans un bar tout proche, en fort charmante compagnie me sembla-t-il.
C'était à deux pas et le message datait de moins d'une demi-heure. Il me restait dix bonnes minutes avant l'arrivée du prochain tram, je décidai de tenter le coup. La vitre humide ne me permettant pas de distinguer grand chose, je finis par entrer d'un pas hésitant. Il était là, attablé dans un coin tout au fond, entouré de ses « bichettes » (sic). Je m'approchai prudemment pour les saluer, vaguement inquiet car j'étais sur son terrain. Après quelques minutes de conversation laborieuse, il m'a regardé d'un air amusé en lachant nonchalamment « mais bien sûr qu'il a un blog ».
Alors, si vous pensez que j'ai un blog, tapez UN dans les commentaires.





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